Boussagues apparait au Haut Moyen Âge

Le plus ancien  texte date de 1117, quand Déodat se soumit à Bernard Aton Trencavel, vicomte de Béziers, puissant seigneurs proches des comtes de Catalogne et de Toulouse. Les seigneurs de Boussagues possèdent les terres des deux rives de l’Orb à Saint Gervais. A cette époque fut élevé le Château Haut ( « Castellas » aujourd’hui) , donjon dominant le lieu, ; Boussagues compte aussi un deuxième château. Le Château bas complétant le « caput castri » ( Castellas), Les richesses minières ( plomb argentifère) octroyèrent aux barons de Boussagues des revenus considérables et leur permirent d’asseoir leur puissance, même si des partages furent décidés avec des seigneurs de la vallée ( abbé de Villemagne, seigneur de Faugères) en1163, l’abbaye de Villemagne, voisine dans la vallée de la Mare, gardant une part des revenus de l’exploitation du minerai. Les Boussagues rachetèrent progressivement des mines tout autour du village, subsistent aussi des témoignages d’associations privées pour l’extraction du charbon. La montagne dominant Boussagues ( le Mont Coudoure) compte encore plusieurs entrées de mines et pierriers. En 1218, l’extension du village est confirmée par la mention d’un « castrum novum », moment où les aires castrale et villageoise se séparent.

En 1301, un recensement dénombra 212 « feux », soit plus de 1000 personnes. L’église de la Trinité, à l’extérieur des murs, commencée avant 1310 (au moment où un des Boussagues était évêque de Lodève), ne fût apparemment jamais achevée.  En 1364, les Consuls furent élus par 115 hommes réunis dans la cour du château. Si peste de 1348 affaiblît la communauté, outre les ravages de la chevauchée du Prince Noir en 1355, le déclin est aussi dû à l’évolution économique du Languedoc au XIVe siècle. Le nombre de « feux » chuta à 62 en 1377, puis 26 en 1380, avant de remonter au XV° siècle. Signe d’une certaine aisance, vers 1410, au centre de Boussagues, se dressait un hôtel dont la salle du second étage, pourvue d’une grande cheminée sculptée, donnait au dessus du mur villageois par une baie à colonnettes. L’église paroissiale romane vit sa nef remaniée, conservant (jusqu’au XIXe siècle) sa « porte des morts » menant, au nord, sous un porche, au cimetière intra muros. La lignée directe des Boussagues éteinte, .la baronnie est alors l’objet d’héritages extérieurs multiples, une petite noblesse castrale subsiste au village.

En 1519, la moitié du fief fut cédée au Chapitre de Béziers qui le vendit à un certain Pierre Seguin. Le gendre de ce dernier, Dalichoux de Sénégra fît bâtir l’aile et la tour Est du Château Bas. Cette construction est postérieure à la Maison du Bailli. Ce sont les dernières constructions d’importance du village. Le mur villageois fut régulièrement entretenu et réparé. Un texte de 1500 décrit le village : la porte Notre-Dame mène au le faubourg de la Lauze,  la porte de Villemagne vers la Trinité ; au nord du village se trouve le « barri neuf » (ou subsiste une maison du XIIIe siècle) accessible par une porte et une poterne. Le réseau des voies comme la rue droite, la rue des chaudronniers ou la rue « bombacul », ou simples andrones, est par endroit couvert par des habitations. Les toits sont de lauzes, avec, çà et là, quelques toits de « paille ». Le terroir voit se côtoyer jardins, céréales, vignes et châtaigneraies. De nombreuses traces de ces époques nous sont parvenues (fenêtres, ruelles).

Les guerres de religion, très vives dans la région, laissèrent peu de traces écrites sur Boussagues. L’église paroissiale, dont le clocher-mur a été détruit et remplacé par un clocher, voit son abside fortifiée. Pourtant L’archiprêtré de Boussagues , un des trois de l’évêché de Béziers, dominait la vie religieuse séculière de plus 70 églises environnantes, de Ceilhes au Nord à Roquebrun et Faugères au sud ( compte rendu de visite pastorale Mgr De Bonsi en 1633/36). Cette importance religieuse remonte au XII° siècle quand les Boussagues donnèrent 3 évêques à l’évêché de Lodève.

Il semble que la richesse suivit peu ou prou l’activité minière qui se réduisit progressivement, pour ne plus avoir à proximité que des mines de charbon dont l’exploitation fut très importante fin XIXème sur Le Bousquet d’Orb, Graissessac, Camplong.